La Genèse de l’Alimentation Traditionnelle ou…

La Genèse de l'Alimentation TraditionnelleComme tout médecin, j’ai été confronté à des demandes de personnes en surpoids, voire en obésité. J’étais d’ailleurs moi-même concerné car j’avais tendance à prendre du poids depuis la trentaine, comme c’est souvent le cas d’ailleurs. En essayant pratiquement tous les régimes de l’époque, pour mes patients comme pour moi, j’ai eu les mêmes « succès » à court terme mais surtout les mêmes échecs à long terme que mes confrères. Toutes les méthodes utilisées étaient mauvaises, il fallait rien moins qu’en trouver une autre.

Si on regarde l’histoire de l’obésité en France, on peut voir deux phénomènes :

  • d’abord que l’obésité concernait principalement les classes aisées dans la première partie du XXe siècle alors qu’elle épargnait les paysans et les ouvriers.
  • ensuite qu’elle a commencé à augmenter d’abord faiblement dans les années d’après guerre puis de plus en plus rapidement ensuite, jusqu’à être qualifiée « d’épidémie » d’obésité, ce phénomène s’étendant alors à toutes les classes de la société.

Si on analyse le premier point, on constate qu’il y a un siècle, ouvriers et paysans fournissaient un travail sans commune mesure avec celui d’aujourd’hui. Leurs maisons étaient chichement chauffées et, jusqu’à la guerre de quatorze, ils marchaient en moyenne cinq à sept kilomètres à par jour. Ils avaient donc besoin d’une alimentation particulièrement énergétique, autrement dit hypercalorique. Pourtant, ce sont les bourgeois qui étaient gros. La différence d’embonpoint entre la bourgeoisie et la paysannerie venait principalement de la différence de leur alimentation, les uns mangeant des aliments de plus en plus raffinés, les autres continuant à manger comme avaient toujours mangé leurs parents et grands-parents.

 

Quant au second point, à savoir l’augmentation du surpoids et de l’obésité (et de la taille) depuis un demi-siècle, comment l’expliquer elle aussi ? Une variation génétique ? Infiniment peu probable. Ne reste alors, là aussi, comme explication que le changement de notre alimentation.

 

Pour être bref, si on analyse toutes les causes d’obésité, on retombe toujours sur ce que j’appelle « l’association de malfaiteurs » que sont les sucres et les graisses. Et ceci est un phénomène universel. Si universel que, par exemple, les mandarins chinois n’ont commencé à grossir au XIXe siècle, que quand ils se sont mis à manger du riz blanc, décortiqué de son enveloppe, ce qui transforme cette merveilleuse céréale en un sucre très agressif (à l’indice glucidique très élevé). Il en était de même de la bourgeoisie européenne du début du siècle denier et il en est de même pour nous car nous avons connu en moins de trois générations et sans en avoir vraiment conscience, la plus grande révolution alimentaire (pour ne pas dire la plus grande dégénérescence alimentaire) depuis la fin du néolithique.

Nous mangeons trop gras, trop sucré, trop salé et, bien souvent, trop carné.

gras sucre carneEt surtout, plus que trop gras, nous mangeons surtout du mauvais gras. Le plus grave étant que gras, sucre et sel sont tellement bien cachés dans l’alimentation moderne que nous n’avons aucunement conscience d’en manger trop.

 

En se penchant sur l’alimentation paysanne de nos grands parents, nous avons quasiment la clé du problème. La découverte de l’alimentation paléolithique apporte aussi sa pierre (normal pour le paléolithique, non ?) Or, du point de vue physiologique tout au moins, nous sommes restés des chasseurs cueilleurs, comme grand père Cro Magnon dont nous descendons tous en ligne plus ou moins directe : si notre costume a changé, notre métabolisme, lui, n’a pas changé.

Que mangeaient ces gens ? Et, aussi important, comment mangeaient-ils ?

Les légumes, les céréales, légumineuses et légumes secs tenaient une place majeure dans leur alimentation et la part des protéines animales était beaucoup moins importante qu’aujourd’hui. Ils ne mangeaient pas toujours moins gras, mais les graisses employées étaient très différentes de celles de l’alimentation moderne. Enfin, le sucre ne se trouvait guère que dans les fruits de saison, c’est dire s’il était minoritaire.

 

Enfin, que et comment mangent aujourd’hui les Crétois et les habitants d’Okinawa qui, non contents d’avoir la plus importante longévité du monde, ont en prime, la meilleurs qualité de vie ? A noter que la jeunesse d’Okinawa qui succombe aux coups de boutoir des fast food commence à prendre du poids et que les accidents vasculaires font leur apparition.

 

Alimentation TraditionnelleC’est en observant ces diverses populations dans l’espace et le temps qu’il est possible de réadapter l’alimentation aux besoins d’aujourd’hui. Bien loin d’être une vieille lune, cette « Alimentation Traditionnelle » est la seule à laquelle nous sommes génétiquement préparés.

 

legumeElle ne concerne donc pas uniquement celles et ceux qui veulent perdre du poids, elle concerne aussi, et au premier chef, celles et ceux qui sont partie prenante dans la quête et le maintien de leur forme et de leur santé.

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