Le saumon norvégien nage en eaux troubles

En Norvège, suite à l’enquête du Verdens Gang, le plus important des quotidiens, plus connu sous le nom de VG, où  le Dr Anne-Lise Bjorke Monsen du laboratoire de biochimie clinique de Bergen a déclaré   que  « les polluants retrouvés dans le saumon d’élevage ont une mauvaise influence sur le développement du cerveau, et sont associés à l’autisme, à l’hyperactivité et à la baisse de QI », le gouvernement a reconnu que le saumon d’élevage norvégien dépassait  les seuils de toxicité  admissibles et que les populations à risque, à savoir les femmes enceintes, les enfants et les adolescents devaient impérativement s’abstenir d’en consommer.

 

Dans un pays où  le saumon est à la base de l’alimentation traditionnelle, ne plus pouvoir en manger équivaut à interdire la bouillabaisse à Marseille ou la choucroute à Strasbourg, même si on peut  remplacer le saumon par d’autre poissons gras, sardine, hareng ou maquereau.

 

Cette édifiante histoire amène deux commentaires :
Le premier est que l’impact de la pollution n’est pas le même selon le sexe et l’âge. Les polluants sont lipophiles (solubles dans la graisse). Dans l’organisme, ils s’accumulent donc dans les réserves graisseuses et dans le cerveau en particulier qui est l’organe le plus gras après la graisse. Un cerveau en construction est donc très sensible aux polluants. Quant aux femmes enceintes, leur organisme tente de les protéger en se débarrassant de ses polluants dans le fœtus !
La deuxième conclusion est que nos sociétés à la croissance exponentielle, ayant largement dépassé tous les seuils de tolérance de notre planète, ne seront certainement pas éternellement viables. Mais, « nous autres, civilisations, savons que nous sommes mortelles », n’est-ce pas ? (Paul Valéry)

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