H1N1 : Quand la Médecine prend un virus en grippe

Tout le monde, profanes comme médecins, trouve parfaitement normal qu’un virus peu agressif, ce qui est le cas actuellement du H1N1, puisse tuer en quelques jours une adolescente « en parfaite santé »

 

En Angleterre, une jeune fille est morte, victime de la grippe A H1N1. Cette nouvelle a été annoncée le 16 juillet 2009 au journal télévisé. Pas de commentaire particulier à faire sur cette annonce, mais on peut se poser des questions sur sa forme. David Pujadas a dit textuellement et sans rire : « une jeune fille en parfaite santé… ». En d’autres temps, Marcel Pagnol mettait dans la bouche d’Honorine ce jugement péremptoire « que voulez-vous, il est mort d’avoir trop de santé » ! Si ceci fait sourire, l’annonce du « vingt heures » est, involontairement, quelque peu grinçante. Mais ce qui est réellement grave, c’est qu’il ne se trouve personne pour en révéler la méchante absurdité, autrement dit, tout le monde, profanes comme médecins, trouve parfaitement normal qu’un virus peu agressif, ce qui est le cas actuellement du H1N1, puisse tuer en quelques jours une adolescente « en parfaite santé ».

 

De la même façon, un de mes amis était consterné par la mort subite, à son volant et à un feu rouge, d’un homme qu’il connaissait comme étant en pleine forme, sportif, « en parfaite santé » probablement lui aussi. D’ailleurs, pratiquement chacun d’entre nous a, au moins une fois, entendu parler de cas similaires. C’est confondre l’apparence et la réalité qui est précisément confondante ! Si quelqu’un meurt en quelques minutes d’un infarctus massif, c’est qu’il n’était probablement pas tout à fait en parfaite santé. Même chose quand on meurt des suites d’une grippe banale. Pourquoi est-on le seul à mourir alors que neuf cent quatre-vingt-dix-huit individus sur mille (c’est la proportion de décès de ce virus) s’en sortent sans aucun dommage ? Le virus est-il vraiment seul en cause ?

 

Ces anecdotes en disent fort long sur le paradigme médical de notre société. Notre médecine est pasteurienne. Autrement dit, un germe égale une maladie tout comme un virus égale une autre maladie. C’est une conception linéaire de cause à effet. Mais la vie est plus complexe, elle n’est pas linéaire, mais pluridimensionnelle et de multiples événements, à la fois causes et effets, s’entrechoquent perpétuellement et ce, avec une ixième dimension de plus : le temps. Et toute pathologie procède du même schéma.

 

Quand j’étais jeune étudiant en médecine, on ne comprenait pas pourquoi les épidémies de poliomyélite frappaient par cas sporadiques, plus ou moins isolés les uns des autres. Qu’est-ce qui faisait que quelques enfants d’une région étaient touchés et pas les autres ? Qu’est-ce qui faisait que les adultes et les vieillards étaient généralement épargnés ? Et, aujourd’hui, qu’est ce qui fait qu’une épidémie de grippe touche cinq, dix, quinze ou vingt pour cent d’une population et en épargne quatre-vingts, à quatre-vingt dix pour cent ? Pour la polio, on a eu la réponse lorsqu’on a su faire des sérologies. On a alors découvert que l’immense majorité des gens avaient été en contact avec le virus, mais que seulement quelques-uns avaient déclenché une polio maladie. Le même mécanisme expliquait que, du temps de « La Dame aux Camélias », seulement quelques-uns déclenchaient une tuberculose maladie, alors que la plupart avaient été en contact avec le bacille. C’est la même chose pour la grippe. Comme c’est la même chose pour toute infection hivernale. Certains enfants font des syndromes ORL à répétition, alors que la majorité de leurs copains n’en font pas.

 

Ces faits mettent en pleine lumière un acteur absolument essentiel, mais superbement ignoré par la médecine moderne, l’immunité ! Les anciens parlaient de «terrain». On s’est assez moqué d’eux, ils avaient pourtant raison mais ne pouvaient pas le prouver au sens scientifique du terme. Maintenant, la preuve est faite depuis longtemps. Or rien n’a changé. Pourquoi ? Parce que le fameux paradigme médical, autrement dit notre dogme, n’a pas changé lui non plus. L’immunité connais pas ! Un pneumocoque égale toujours une pneumonie, comme un virus grippal égale toujours une grippe. Alors que toute infection, grippale ou non, résulte du mariage réussi, ou raté selon le point de vue dans lequel on se place, entre l’immunité et l’agent agresseur. Cet aspect fondamental de la question est, non seulement totalement ignoré, mais en fait complètement rejeté. Si on commence à s’intéresser à l’immunité, tout devient affaire individuelle, finie la médecine collective. Et finies, entre autres, les vaccinations systématiques.

 

J’ai vu un jour un petit garçon qui avait eu 4 vaccins anti-hépatite B pour la raison, apparemment logique, que son père avait lui-même une hépatite B. Aucune de ces vaccinations n’avait pris, ce qui ne veut pas dire qu’elles avaient été inutiles : le pauvre gosse était couvert d’un des eczémas les plus rebelles à traiter, que j’ai jamais rencontré. Croyez-moi si vous voulez, les parents ont dû se battre pour qu’on ne lui inflige pas une cinquième vaccination. On faisait pareil à l’époque pour le BCG, quand il ne prenait pas, on le refaisait, éventuellement plusieurs fois. Or, quand un vaccin ne prend pas, ça veut clairement dire que l’immunité, toujours elle, n’est pas assez mature pour décrypter le message vaccinal. Il est alors urgent d’attendre. Un enfant de 10 ans le comprendrait, pas le corps médical. A contrario, un bébé d’un an convulse après un vaccin contre la rougeole et les oreillons. Qu’à cela ne tienne, on fait le rappel un mois plus tard, ce qui aggrave les convulsions. On est dans le cas inverse du précédent, l’immunité est ici exacerbée, elle demandait qu’on la laisse tranquille. Mais les dogmes sont autistes…

 

Alors, ce serait bien pratique d’être, par principe, opposé à toute vaccination ! Ce serait pourtant être tout aussi dogmatique. En contradiction apparente avec le dernier exemple cité, les petits Africains et les petits Indiens seraient bien contents d’être vaccinés contre la rougeole, eux qui meurent par dizaines de milliers chaque année de ce que ces derniers nomment « le baiser de Shiva » (le baiser de la mort, puisque la rougeole se traduit par une angine). Et c’est bien la vaccination qui a éradiqué la poliomyélite. Mais il y a vaccin et vaccin. Le vaccin antitétanique est très efficace et peu agressif au point de vue immunitaire, comme tous les vaccins tués. Mais le BCG est un piètre vaccin. Quand j’étais en Pédiatrie, en troisième année de Médecine, nous recevions régulièrement des enfants quasi dans le coma, avec une méningite tuberculeuse. Tous ces enfants étaient issus de l’immigration, nous n’avons jamais reçu un enfant venant des quartiers chics de la ville. Dix jours après, cependant, ils faisaient des batailles de polochon. Alors, malgré leurs défauts, merci les antibiotiques. Nous avions, bien sûr, tous eu droit à notre BCG. Notre chef de Clinique aussi. Ca ne l’a pas empêché, vers la fin de l’année, de faire une magnifique tuberculose. C’est l’effondrement immunitaire, à la suite d’un travail épuisant, qui en était seul responsable.

 

Quant au recul de la tuberculose, il est principalement dû à l’amélioration du niveau de vie. D’ailleurs, en Hollande, où le vaccin n’a jamais été obligatoire, la tuberculose a frappé deux fois moins qu’en France. Il n’y a jamais eu de vaccin contre la lèpre, dont certaines épidémies ont décimé le quart de la population de l’Europe du Moyen Âge. L’amélioration de l’hygiène et du niveau de vie sont les seules armes qui l’ont vaincu. Au XIX° siècle, tous les dix, quinze ou vingt ans, des épidémies de choléra ont ravagé Marseille, tuant à chaque fois plusieurs dizaines, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes, ce qui était considérable, pour une ville de 250 000 habitants. Elles ont disparu avec la mise en place de l’eau courante et de la création des réseaux d’égouts.

 

Force est donc de reconnaître que la situation est réellement complexe. Avoir une vision manichéenne où, comme dans les westerns des années cinquante les cow-boys avaient des chevaux blancs et les Indiens des chevaux noirs, afin de bien distinguer les bons des méchants, c’est avoir une perception simplifiée, autrement dit simpliste, autrement dit fausse. Mais si on essaye objectivement de tirer les leçons de l’histoire, on voit que l’écosystème dans lequel nous vivons a une influence considérable, en bien ou en mal, sur notre résistance aux maladies virales ou microbiennes. L’immunité se rappelle à notre bon souvenir.

 

Enfin, on croit généralement que la médecine est dans de bonnes mains, celles de gens dévoués à la santé de la population, les médecins. C’est une vision un tantinet angélique. Autant le savoir, quand un qualificatif est associé au mot industrie, le qualificatif n’a que la valeur indicative du domaine d’activité de l’industrie en question. Alors, qu’elle soit automobile, pharmaceutique, nucléaire ou autre, seul le mot industrie compte. Et une industrie n’a qu’une raison d’être : le profit. Elle n’a pas totalement tort d’ailleurs, si elle ne fait pas de bénéfices, elle disparaît. Et la santé est entre les mains de l’industrie pharmaceutique. L’expérience montre que, juge et partie, elle n’est ni indépendante ni objective. À preuve caricaturale les anticholestérolémiants et les anti-inflammatoires récemment, et très discrètement, retirés du marché car ayant plus d’effets secondaires (graves et parfois mortels) que d’avantages, après avoir été présentés comme des avancées majeures par les laboratoires qui les avaient conçus.

Alors, promis juré, le vaccin anti A H1N1 sera prêt en septembre… Comme tous les vaccins de ce type, il sera efficace dans soixante-cinq pour cent des cas. Mais, si un vaccin n’est pas gratuit sur le plan financier (les labos vous remercient des millions de doses que les gouvernements leur commandent) il n’est pas gratuit non plus sur le plan immunitaire. Tiens, revoilà l’immunité… Alors, une suggestion, mais il ne faut pas rêver quand même, si une vaccination de masse était décidée, dans les années qui suivent il serait intéressant de noter, chez les anciens vaccinés, l’évolution des maladies auto-immunes, des syndromes neurologiques de type Guillain Barré, des enfants hyperactifs, ainsi que des cas d’autisme (il n’y a pratiquement pas d’autistes chez les Amish qui ne vaccinent pas) et de comparer ces chiffres avec ceux des non vaccinés.

 

Nous avons actuellement la possibilité de faire des bilans qui donnent une vision claire de l’état immunitaire d’un sujet. Et il ne faut vacciner que les sujets en bon équilibre immunitaire, ni ceux qui sont en hypo, ni ceux qui sont en hyperimmunité. Les premiers sous peine d’avoir un vaccin qui « ne prend pas », les seconds sous peine de les faire basculer dans une des multiples maladies auto-immunes. Dans le cas du vaccin qui ne prend pas, le message vaccinal demeure et, à court, moyen ou long terme, les réactions immunitaires sont imprévisibles. Il existe aussi des bilans de l’état de stress oxydatif, tout comme des bilans du niveau de défense antioxydante. La simple logique voudrait qu’on s’en serve. Mais, ce n’est pas dans la feuille de route actuelle.

 

Dernier point, l’aromathérapie, autrement dit les huiles essentielles, dont certaines ont des activités antivirales particulièrement importantes, peut être un atout majeur à la condition, toutefois, d’avoir les préparations à disposition et des médecins qui sachent les prescrire, ce qui est loin d’être le cas, aucun médecin n’étant formé au maniement de l’aromathérapie. Normal, n’étant pas brevetables, les laboratoires ne vont quand même pas se tirer une balle dans le pied, pour promouvoir des thérapeutiques, qui vont concurrencer leurs très chères molécules… Dormez, braves gens, les stock-options des multinationales vous souhaitent une bonne nuit.

 

Par le Docteur Alain Triaire
Septembre 2009

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